Après quelques petites heures de bus, nous arrivons à la terminale del Calafate, toute neuve et excentrée. Les informations touristiques prises, nous partons pour notre hostel sous un vent d'une force que nous ne connaissions pas, nous voilà en Patagonie, il ne nous quittera plus et nous permettra même de vivre les 4 saisons en une journée !
On se requinque avec un maté, que nous ne consommons pas encore comme de vrais argentins qui ont toujours le nécessaire sur eux et en boivent quasiment toute la journée (le maté est une herbe sèchée qui se consomme dans un contenant du même nom, le maté, à l'aide d'une bombilla, sorte de paille, c'est comme un thé mais on remplit le contenant d'eau entre chaque usager, car le maté est la boisson du partage, refuser son tour est presque une offense.)
Nous partons ensuite à la découverte de la ville. De notre ressenti, la rue principale est entièrement conçue pour les touristes : chalets en bois, restaurants, bars, glaciers, boutiques de luxe et de sport, et même chocolat. C'est joli mais surfait à notre goût.
Le lendemain nous partons pour le Perito Moreno : il est situé dans la parc national Los Glaciares ou champs de glace sud de Patagonie dans la Cordillères des Andes que l'Argentine partage avec le Chili. Il possède un front glaciaire de 5 km de large et 30 km de long, il termine sa vie dans le lac Argentino. C'est un glacier en mouvement constant puisqu'il avance d'environ 2 m par jour et donc perd quotidiennement autant de glace dans le lac, ce phénomène semble rare car la majorité des glaciers reculent et n'avancent pas.
Le nom de "Perito Moreno" (« Perito » signifiant « Expert ») lui a été donné en l'honneur du naturaliste et explorateur argentin Francisco Pascacio Moreno qui a étudié cette région au 19e siècle.
Nous profitons pleinement de cette journée ensoleillée et avons la chance de voir plusieurs chutes de blocs de glaces dans le lac. Au delà de la masse qui s'effondre, le bruit est très impressionnant ainsi que les remous créés dans le lac. Nous passons plusieurs heures, le visage chauffé par le soleil, à contempler cette oeuvre de la nature, en se sentant tout petit.
La journée achevée, nous nous offrons nos premières empanadas, non végétariennes, non faites par nos soins, dans un petit resto excentré conseillé par une précédente rencontre. On se régale !
La destination suivante est Ushuaia et notre bus est le lendemain à 3h du matin, nous passerons donc la journée à flâner dans la ville, sur les bords du lac et dans les parcs avant d'entamer notre attente dans la terminale de bus à l'aide de cartes et de bonne humeur pour rester éveillés !
21 heures de bus pour arriver ici. 21 heures sur la mythique Ruta 40 qui traverse le pays sur l'axe Nord/Sud avec des paysages magnifiques de la steppe patagonienne et des troupeaux de moutons qui ont plus d'espace qu'il n'en faut pour brouter ! 21 heures pour relier LA destination des marcheurs en Argentine : El Chalten, proclamée capitale nationale du trekking en 1995.
Ici, on a un peu l'impression d'être dans une station de ski en été. Le petit village est devenu une petite ville peuplée de touristes du monde entier, chaussures de rando aux pieds et bonnet sur la tête ! On a prévu de rester 5 jours ici, et dès notre arrivée nous sommes conquis par le panorama qui nous entoure.
Par hasard nous croisons Florian en faisant les courses. On décide d'aller boire un coup avec Adèle et lui et c'est la qu'on recroise Alice et Fabien ! Décidemment tous les voyageurs rencontrés à Puerto Madryn sont ici en même temps !
Voilà le programme et les vues qui vont avec !
Jour 1 : Deux petites ballades vers des points de vue et une cascade pour se mettre en jambes
Jour 2 : Ascension jusqu'à la base du mont Fitz Roy, la rando la plus prisée dans le coin, puis petit détour en rentrant par le glacier Piedras Blancas
Jour 3 : Ascension du mont Loma del Pliegue, la plus belle vue panoramique est la haut
Jour 4 : Repos (bien mérité)
Jour 5 : Ascension jusqu'à la Laguna Torres et le glacier qui la surplombe
Après une nuit de bus quelque peu agitée (une partie de la route n'était pas macadamée) nous arrivons à Esquel au petit matin, juste à temps pour apprécier les premiers rayons de soleil de la journée, le froid et les sommets enneigés aux alentours, on est bien dans la cordillère !
Les sacs posés, les provisions effectuées et les infos pour touristes recoltées, nous partons pour passer l'après-midi au bord d'une lagune pas très loin de la ville : la Laguna Zeta.
Le lendemain, on se lève tôt pour profiter de l'attraction touristique du coin : le parc national Los Alerces. Les Alerces sont des arbres millénaires, cousins du sequoia, qui peuvent atteindre les 40 mètres de haut et 4 mètres de diamètre. Le parc propose plein de randonnées dont deux à la journée qui permettent d'accéder à des sommets enneigés mais notre enthousiasme va vite retomber quand les gardes du parc nous annoncent que seuls 3 ou 4 sentiers sont ouverts ! La faute aux trop grandes chutes de neige de l'hiver (les plus importantes depuis 50 ans) qui ont fait tombé beaucoup d'arbres... Nous allons donc passer la journée sur des sentiers à basse altitude et profiter du soleil au bord des différents lacs. Nous repartons en fin de journée un peu frustrés mais avec de beaux paysages dans la tête !
Pour notre dernier jour sur place on avait prévu de retourner au parc mais vu les circonstances on décide de retourner vers la lagune en espérant trouver le moyen d'en faire le tour. Après quelques kilomètres sur des sentiers tracés par les motocross on rejoint le bout de la lagune mais la route est barrée d'un portail : derrière c'est un terrain de l'armée. Heureusement pour nous, juste a ce moment nous croisons deux joggers qui nous disent qu'il suffit de passer la barrière pour faire le tour ! On les laisse nous montrer le chemin et on arrivera à finir la boucle après quelques heures de marche qui nous ont offerts des panoramas magnifiques.
En rentrant à l'auberge, on tombe sur une manifestation sur la place centrale de la ville. Les locaux manifestent contre l'établissement d'une mine d'argent. On décide de revenir car un concert se prépare. À notre retour, des militants expliquent leur lutte au micro et nous apprenons que cela fait 14 ans qu'il se battent contre cette mine et se réunissent le 4 de chaque mois pour protester ! Nous resterons à écouter leurs discours puis le concert qui nous a ravi, ca faisait longtemps qu'on avait pas vu de groupe en live !
Nous quittons donc Buenos Aires direction Puerto Madryn, et surtout la Péninsule Valdés ou nous arrivons après notre premier grand voyage en bus de plus de 20 heures.
Malgré un confort bien supérieur aux bus français (ici le train est très peu développé, les locaux effectuent longues et moins longues distances en bus. Il existe des classes, la plus chère permettant de coucher son siège à l'horizontale, la moins chère à 45 degrés), nous n'arrivons pas très reposés à Puerto Madryn mais sommes revigorés par le chaleureux accueil de notre hôte Gaston. Après un bon café et un bon maté, pour lequel Olivier a retrouvé ses habitudes d'il y a 8 ans, nous indiquons à Gaston que nous aimons bien marcher, il nous propose une petite promenade de 34 km jusqu'à une plage ou se repose une colonie de lions de mer ... Nous reportons cette sortie à un jour de meilleure forme.
La Péninsule Valdés se trouve à environ une heure de la ville où nous logeons et la boucle conseillée fait environ 170 km de piste, il nous faut trouver un moyen de locomotion que l'office du tourisme va nous donner ... un couple a laissé son adresse mail et cherche à remplir une voiture de location. Cette option est la plus intéressante niveau liberté d'actions et coût. C'est donc comme ça que nous rencontrons Adèle et Florian avec qui nous planifions de louer la voiture pendant 2 jours.
Ce problème réglé nous entamons une balade contre le vent sur la costanera, le long de l'océan dans la baie de Puerto Madryn jusqu'au musée del Desembarco où nous apprenons que les premiers colons de la Patagonie étaient gallois et sont arrivés à cet endroit précis en 1865.
Le lendemain nous nous décidons à faire les 17 km jusqu'à Punta Loma à pied en longeant la côte.
Et nous ne regretterons pas notre choix puisque nous aurons la chance de suivre une baleine de très près, moment très intense ! Après quelques heures de marche nous arrivons dans la réserve protégée de Punta Loma et passons quelques longues minutes à observer les lions de mer faire la sieste - se rafraichir - jouer - faire la sieste - se rafraichir - jouer - ...
Les 17 km retour sont un peu difficiles mais l'ambiance de l'hostel et les empanadas maison que nous nous concoctons nous remontent le moral.
Le lendemain départ dans notre Volkswagen Gol (non je n'ai pas oublié le f) pour de longues heures de voiture sur piste et une magnifique journée. En plus de nos rencontres animalières, les paysages sont magnifiques !
Nous n'avons pas eu la chance de voir des orques ou des baleines cette fois çi mais des lions de mer, des éléphants de mer en colonie et des pingouins de magellan !
Les gardes parc s'ennuient parfois un peu et n'hésitent pas à partager leur savoir sur ces animaux qu'ils passent leur temps à regarder. Sur la route du retour, nous profitons du magnifique coucher de soleil qui s'offre à nous !
Le deuxième jour de location de voiture nous décidons de nous rendre à Punta Tombo un peu plus au sud dans une réserve de pingouins où nous nous baladons à leur côté pendant quelques heures. C'est la saison des naissances, nous avons donc la chance d'apercevoir des bébés de quelques jours voire heures.
Nous partons ensuite dans un endroit un peu secret, la Isla Escondida, où nous passons de longues minutes à observer et écouter des éléphantes de mer (seuls les mâles ont une trompe), autant vous dire qu'elles n'ont rien de sexy...
Nous quittons Puerto Madryn, première étape en Patagonie argentine, ravis par nos découvertes de la faune locale.
Après une traversée en ferry d'environ 2h au départ de Colonia del Sacramento, nous voilà arrivés à Buenos Aires pour 5 jours de visites. Malheureusement, après avoir posé nos sacs à l'hostel une pluie intense s'abat sur la ville. On décide de se reposer un peu le temps que ça se calme, ce qui durera jusqu'au soir !
Le lendemain (mardi), on attaque donc notre découverte de la ville à pied. Programme du jour : le quartier de San Telmo, l'un des plus ancien de la ville, et son marché historique. Par chance nous tombons sur une démonstration de tango sur la place centrale du quartier. Nous suivons ensuite une visite guidée gratuite (basée sur les pourboires) de l'avenue principale entre le congrès et la Casa Rosada (palais présidentiel) dans le centre ville. Ce jour là, Président Macri n'est pas là, le petit drapeau signalant sa présence est en berne. Pour la petite histoire, il ne vit pas dans la Casada Rosada et s'y rend en hélicoptère.
On en apprend beaucoup sur la construction de la ville et de l'inspiration architecturale européenne et surtout parisienne. L'Argentine est une nation d'immigration, surtout européenne, venue faire fortune dans ce pays encore désert. Il était donc particulièrement important pour eux de reproduire l'architecture des immeubles parisiens comme signe de prospérité. On comprend mieux pourquoi certains bâtiments nous paraissaient familiers ! Nous découvrons également un immeuble de l'architecte italo argentin Palanti édifié à la demande de Barolo, un homme d'affaire. Palanti est fasciné par la Divine Comédie de Dante et propose donc un bâtiment rendant hommage à cette oeuvre :
- la Divine Comédie ayant été écrite au XIVème siècle, Barolo achète les deux édifices présents sur la cuadra entre les numéros 1300 et 1400 et les fait raser pour obtenir l'emplacement.
- les 100 mètres de hauteur de l'immeuble représentent les 100 chants du poème
- il est divisé en 3 sections distinctes qui correspondent aux 3 livres : l'enfer, le purgatoire, et le paradis
- le hall d'entrée est surmonté de 9 voûtes qui représentent les 9 hiérarchies infernales chacun des étages dispose de 11 ou 22 bureaux, ce qui correspond au nombre de strophes des chants
Par ailleurs, l'immeuble est surmonté d'un phare, qui devait à l'origine permettre d'échanger des signaux avec le Palacio Salvo à Montevideo (Uruguay), construit par le même architecte en 1925.
Après tout ça, on a bien mérité une bonne bière ! On fini la journée dans une brasserie que nous ont conseillé les cousins brésiliens : Antares à San Telmo.
Pour la journée du mercredi qui est ensoleillée, on décide de visiter les parcs de la ville. En direction de Palermo, on commence par le jardin botanique puis on continue jusqu'au très grand parc près de la plaza italia comprenant notamment "el Rosedal de Palermo", une magnifique roseraie. On continue notre chemin en passant par le planétarium, direction la fameuse fleur mécanique ou Floralis Generica, installée à côté de la fac de droit. Énorme structure métallique de 23 mètres et 18 tonnes, elle s'ouvre et se ferme une fois par jour, comme les fleurs, avec le rythme du soleil. Enfin, on retourne vers chez nous en passant par le cimetière de Recoleta qui parait-il vaut le détour, mais il est 17h et ça ferme... On reviendra un autre jour !
Le jeudi matin, on décide de partir en direction de la boca, LE quartier touristique. Mais on fait un petit détour par la rue Lanin avant : cette rue à été décorée par un artiste qui a commencé à peindre sa maison. Cela a plu aux voisins et du coup l'art s'est propagé d'une maison à une autre. Ce qui est étonnant ici c'est que nous ne croisons aucun touriste !
Gros contraste avec la boca où nous arrivons au fameux "caminito" par une rue populaire qui débouche sur le stade de Boca Junior. A partir de là c'est un peu Disneyland, on fait le tour rapidement et on repart avec une sensation de faux quartier... dommage !
On continue la journée en rejoignant la plaza de mayo où on assiste à la rencontre des "Madres". Ces femmes se retrouvent devant la Casa Rosada chaque semaine pacifiquement, le jeudi, depuis 1977 pour demander que la lumière soit faite sur les affaires de "desparecidos" - les disparus pendant la dictature militaire des années 70/80. Leurs enfants ou petits enfants ont disparu car ils gênaient le pouvoir en place. Ils étaient generalement torturés pour obtenir des informations de "dissidence" puis endormis et jetés depuis un avion dans la baie de Buenos Aires. Quant aux enfants de dissidents, ils étaient proposés à l'adoption aux familles proches du pouvoir et toutes traces étaient supprimés. Il arrive encore que des adultes d'une quarantaine d'années découvrent qu'ils ont été adoptés et que leur parent comptent parmi les disparus.
A ce rituel se mêlent parfois d'autres mots d'ordre. Moment intense de revendication populaire !
On fini la journée avec la visite du quartier de Puerto Madero, quartier chic aux buildings en construction : un mini Manhattan en devenir ?
Vendredi, dernier jour. On part de bon matin pour le cimetière de Recoleta. Les caveaux plus exhubérants les uns que les autres nous étonnent. Au détour d'une allée, un attroupement nous signale celui d'Eva Peron, femme du plus célèbre des présidents argentins, Juan Peron. En effet, le péronisme est encore servi à toutes les sauces aujourd'hui. Evita reste, quant à elle, une icône pour un grand nombre de gens ici pour ses actions en faveur des plus modestes et du droit du travail, son portrait est affiché en géant sur deux façades d'un immeuble de la plus large avenue du monde (selon les argentins !).
On continue notre chemin vers le quartier de Palermo pour quelque chose de plus gai : une "expo" de street art à ciel ouvert. Une dizaine de ruelles/rues sont remplies de graffitis et autres fresques.
Pour conclure cette journée culturelle et notre séjour, on décide de visiter le musée historique de la Casa Rosada pour approfondir nos connaissances sur l'histoire politique du pays...
Il a manqué un ou deux jours sur place pour aller jusqu'à la réserve écologique et pour peut être découvrir un des nombreux musées d'art de la ville mais nous partons satisfaits de notre séjour à Buenos Aires, capitale agréable à vivre.