Buenos Aires - L'Europe en Argentine
nov. 262017Après une traversée en ferry d'environ 2h au départ de Colonia del Sacramento, nous voilà arrivés à Buenos Aires pour 5 jours de visites. Malheureusement, après avoir posé nos sacs à l'hostel une pluie intense s'abat sur la ville. On décide de se reposer un peu le temps que ça se calme, ce qui durera jusqu'au soir !
Le lendemain (mardi), on attaque donc notre découverte de la ville à pied. Programme du jour : le quartier de San Telmo, l'un des plus ancien de la ville, et son marché historique. Par chance nous tombons sur une démonstration de tango sur la place centrale du quartier. Nous suivons ensuite une visite guidée gratuite (basée sur les pourboires) de l'avenue principale entre le congrès et la Casa Rosada (palais présidentiel) dans le centre ville. Ce jour là, Président Macri n'est pas là, le petit drapeau signalant sa présence est en berne. Pour la petite histoire, il ne vit pas dans la Casada Rosada et s'y rend en hélicoptère.

On en apprend beaucoup sur la construction de la ville et de l'inspiration architecturale européenne et surtout parisienne. L'Argentine est une nation d'immigration, surtout européenne, venue faire fortune dans ce pays encore désert. Il était donc particulièrement important pour eux de reproduire l'architecture des immeubles parisiens comme signe de prospérité. On comprend mieux pourquoi certains bâtiments nous paraissaient familiers ! Nous découvrons également un immeuble de l'architecte italo argentin Palanti édifié à la demande de Barolo, un homme d'affaire. Palanti est fasciné par la Divine Comédie de Dante et propose donc un bâtiment rendant hommage à cette oeuvre :
- la Divine Comédie ayant été écrite au XIVème siècle, Barolo achète les deux édifices présents sur la cuadra entre les numéros 1300 et 1400 et les fait raser pour obtenir l'emplacement.
- les 100 mètres de hauteur de l'immeuble représentent les 100 chants du poème
- il est divisé en 3 sections distinctes qui correspondent aux 3 livres : l'enfer, le purgatoire, et le paradis
- le hall d'entrée est surmonté de 9 voûtes qui représentent les 9 hiérarchies infernales
chacun des étages dispose de 11 ou 22 bureaux, ce qui correspond au nombre de strophes des chants
Par ailleurs, l'immeuble est surmonté d'un phare, qui devait à l'origine permettre d'échanger des signaux avec le Palacio Salvo à Montevideo (Uruguay), construit par le même architecte en 1925.
Après tout ça, on a bien mérité une bonne bière ! On fini la journée dans une brasserie que nous ont conseillé les cousins brésiliens : Antares à San Telmo.
Pour la journée du mercredi qui est ensoleillée, on décide de visiter les parcs de la ville. En direction de Palermo, on commence par le jardin botanique puis on continue jusqu'au très grand parc près de la plaza italia comprenant notamment "el Rosedal de Palermo", une magnifique roseraie. On continue notre chemin en passant par le planétarium, direction la fameuse fleur mécanique ou Floralis Generica, installée à côté de la fac de droit. Énorme structure métallique de 23 mètres et 18 tonnes, elle s'ouvre et se ferme une fois par jour, comme les fleurs, avec le rythme du soleil. Enfin, on retourne vers chez nous en passant par le cimetière de Recoleta qui parait-il vaut le détour, mais il est 17h et ça ferme... On reviendra un autre jour !

Le jeudi matin, on décide de partir en direction de la boca, LE quartier touristique. Mais on fait un petit détour par la rue Lanin avant : cette rue à été décorée par un artiste qui a commencé à peindre sa maison. Cela a plu aux voisins et du coup l'art s'est propagé d'une maison à une autre. Ce qui est étonnant ici c'est que nous ne croisons aucun touriste !

Gros contraste avec la boca où nous arrivons au fameux "caminito" par une rue populaire qui débouche sur le stade de Boca Junior. A partir de là c'est un peu Disneyland, on fait le tour rapidement et on repart avec une sensation de faux quartier... dommage !

On continue la journée en rejoignant la plaza de mayo où on assiste à la rencontre des "Madres". Ces femmes se retrouvent devant la Casa Rosada chaque semaine pacifiquement, le jeudi, depuis 1977 pour demander que la lumière soit faite sur les affaires de "desparecidos" - les disparus pendant la dictature militaire des années 70/80. Leurs enfants ou petits enfants ont disparu car ils gênaient le pouvoir en place. Ils étaient generalement torturés pour obtenir des informations de "dissidence" puis endormis et jetés depuis un avion dans la baie de Buenos Aires. Quant aux enfants de dissidents, ils étaient proposés à l'adoption aux familles proches du pouvoir et toutes traces étaient supprimés. Il arrive encore que des adultes d'une quarantaine d'années découvrent qu'ils ont été adoptés et que leur parent comptent parmi les disparus.
A ce rituel se mêlent parfois d'autres mots d'ordre. Moment intense de revendication populaire !

On fini la journée avec la visite du quartier de Puerto Madero, quartier chic aux buildings en construction : un mini Manhattan en devenir ?

Vendredi, dernier jour. On part de bon matin pour le cimetière de Recoleta. Les caveaux plus exhubérants les uns que les autres nous étonnent. Au détour d'une allée, un attroupement nous signale celui d'Eva Peron, femme du plus célèbre des présidents argentins, Juan Peron. En effet, le péronisme est encore servi à toutes les sauces aujourd'hui. Evita reste, quant à elle, une icône pour un grand nombre de gens ici pour ses actions en faveur des plus modestes et du droit du travail, son portrait est affiché en géant sur deux façades d'un immeuble de la plus large avenue du monde (selon les argentins !).

On continue notre chemin vers le quartier de Palermo pour quelque chose de plus gai : une "expo" de street art à ciel ouvert. Une dizaine de ruelles/rues sont remplies de graffitis et autres fresques.

Pour conclure cette journée culturelle et notre séjour, on décide de visiter le musée historique de la Casa Rosada pour approfondir nos connaissances sur l'histoire politique du pays...
Il a manqué un ou deux jours sur place pour aller jusqu'à la réserve écologique et pour peut être découvrir un des nombreux musées d'art de la ville mais nous partons satisfaits de notre séjour à Buenos Aires, capitale agréable à vivre.