Sucre - Capitale culturelle de la Bolivie
mars 132018Après Potosi nous partons pour Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie.
On découvre lors de la visite de la Casa de la Libertad, que La Paz est devenue la capitale du pays en 1899 après une guerre civile entre fédérés de La Paz et constitutionnalistes de Sucre. Les premiers gagneront, la capitale est déplacée mais Sucre reste une ville importante et a conservé le pouvoir judiciaire.

Cette grande bâtisse, aujourd'hui musée a accueilli le parlement de 1825 à 1898. C'est ici qu'a été signé l'acte d'indépendance du pays en 1825 alors qu'il était attaché à la couronne espagnole et au Pérou puisqu'il portait le nom d'"Alto Peru". Le nom du pays vient de Simon Bolivar, à la tête des libérateurs ayant gagné la bataille d'Ayacucho en 1824 marquant le debut de l'indépendance. Il a été élu Président d'honneur de la Bolivie mais n'a jamais réellement siégé. C'est son proche collaborateur, le maréchal Sucre, qui est considéré comme le 1er Président de la république. On apprend également la signification du drapeau bolivien et du Wiphala, drapeau que l'on voit partout...

Le drapeau bolivien est rouge - pour le sang versé par les combattants ayant protégé le pays, jaune - pour les richesses minérales du pays et vert - pour les richesses naturelles. Il porte les armes de la Bolivie en son centre. Le Wiphala est reconnu comme symbole de l'état depuis 2009 et représente la multiculturalité du pays. Il est souvent représenté dans un coin d'un drapeau bleu et est composé de 7 couleurs : rouge (Pachamama ou terre mère), orange (société et culture), jaune (énergie et force), blanc (temps et dialectique), vert (économie et production), bleu (espace cosmique) et violet (politique et idéologie andine). Un peu avant 16h, on apprend que le musée ferme ses portes car les agents ont travaillé en horaires continus et finissent donc plus tôt. On comprendra pourquoi après. Evo Morales a autorisé les fonctionnaires à travailler en continu pour finir plus tôt et préparer la journée du lendemain : la tentative de record du monde du plus grand drapeau du monde. Ce record est relevé dans le cadre de la demande de la Bolivie de récupérer son accès à la mer devant la cour internationale de justice de la Haye.
Avant d'assister à ces festivités, on consacre la matinée du lendemain à un autre musée (ils ont fermé plus tôt la vieille mais sont ouverts en ce jour de fête ???) dont une partie est consacrée à la fiesta de la Alasita : cette fête à lieu le 24 janvier à 12h. A ce moment là les habitants sortent acheter les objets miniatures symbolisant leurs désirs. Ces copies miniatures vont de l'ordre du permis de conduire, à la fiancée en passant par la maison, le diplôme, l'argent ou simplement de la nourriture. Elles sont ensuite offertes à Ekeko, dieu de l'abondance, qui se charge de transporter tous ces désirs.

A l'origine de cette fête étaient las illas : des petites figurines d'animaux considérées comme l'incarnation de l'animal réel étaient enterrées comme des graines qui garantiront et donneront des animaux forts. L'idée était de célébrer la générosité de la terre mais aussi de la pluie et de l'énergie solaire pour la récolte suivante.
A midi, direction la place principale où sont réunis des écoliers, la population, l'armée et la police pour entonner l'hymne national et l'hymne de la mer à plusieurs reprises pendant qu'est déployé un drapeau de 200km dans le pays.

C'est suite à la défaite de la Bolivie et du Pérou contre le Chili (soutenu par l'Angleterre) pendant la guerre du Pacifique que la Bolivie a perdu son accès à la mer en 1879 soit 120 000 km carré de terre et 400 km de littoral. Le Chili était alors fortement intéressé par les ressources naturelles dont disposait la Bolivie. Les Boliviens ne s'en sont jamais remis (la journée nationale est le 23 mars) et Évo Morales a donc lancé un recours international dont l'issue est attendue fin 2018. Ils considèrent que le commerce extérieur est fortement impacté par cette absence de point d'entrée maritime.
Nous continuons à profiter de Sucre, de ses ruelles et bâtisses coloniales, de son marché où nous déjeunons plusieurs fois à la table de Boliviens timides le nez dans leur assiette et du dernier musée que nous visitons : le musée ASUR consacré à l'art indigène et notamment le tissage mais aussi aux festivités de carnaval. La musique traditionnelle de cette grande fête nous surprend et on manque d'ailleurs le fou rire de peu... Les sonorités ne sont pas très harmonieuses, on comprendra pourquoi plus tard, les musiciens évoluent de plus en plus saouls à force de boire l'alcool traditionnel, la chicha (alcool de mais), encouragés à boire par les habitants et un personnage en particulier dont le rôle est de faire boire les gens et de faire des blagues.
On finit notre séjour à Sucre par le point de vue de Recoleta qui nous offre une vision quasi complète de la ville.

Nous partons ensuite pour Samaipata, petit coin de paradis qui nous attend après une dizaine d'heures de bus sur piste.