La ronda de Sudamérica

- on va doucement mais on avance -

Nazca - Des lignes dans le désert

mai 072018

Notre étape à Nazca est très courte puisque notre seul objectif est d'assister à une conférence sur les fameuses lignes de Nazca. Le survol est hors de prix et les miradors qui permettent de les apercevoir ne nous convainquent pas.

Nous rejoignons notre conférencier, passionné du sujet et d'astronomie. Il commence par une explication du ciel étoilée, le croix du sud, la grande ourse (qu'on pensait invisible dans l'hémisphère sud), la petite ourse, ... Puis nous entrons dans un dôme dans lequel nous est projeté et raconté l'histoire de ces lignes et surtout de celle qui y consacrera sa vie, Maria Reiche.

Elle est allemande et se rend au Pérou pour enseigner l'anglais et l'allemand aux enfants du Consul allemand. Mathématicienne, géographe, physicienne et donc polyglotte, elle est également passionnée d'architecture et traduit des textes pour un archéologue américain, Kosok, dont l'un d'eux parle de gigantesques lignes et figures géométriques, sur 450 mètres carré, au milieu du désert. Elle se passionne pour le sujet et devient son assistante en 1941.

Pendant la guerre, elle doit retourner en Allemagne mais revient dès 1945 à Nazca. Son mentor l'abandonne en 1948. Elle s'installe alors seule, pendant 25 ans, dans le désert dans une petite cabane en bois et vit dans une pauvreté extrême, sans revenus ni aide. Elle est d'ailleurs considérée comme «la sorcière du désert».

Munie d'un escabeau comme mirador et d'un balai, elle passe de nombreuses années à étudier, protéger et nettoyer les lignes et figures. Elle dénombre 70 figures géométriques (dont 18 animaux et oiseaux : colibris, grue, perroquet, héron, singe, araignée, lézard, escargot, ...) et 10 000 lignes qu'elle définit comme étant un calendrier astronomique : elle met en relation certaines figures avec des constellations et constate un lien entre certaines lignes et les solstices d'hiver et d'été. Aujourd'hui la théorie est qu'il s'agissait plutôt d'un lieu cérémonial pour les Nazcas. Les lignes étant tracées d'un seul trait, sans croisement avec une autre ligne, elles pourraient avoir été des sentiers sur lesquels les Nazcas cheminaient de manière rituelle. Cette civilisation aurait vécue de -200 avant JC à + 700.

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Des investissements privés ont alors permis la création d'un petit aéroport pour les curieux souhaitant survoler le site. Les revenus engendrés ont ensuite permis de mettre en place un mirador et de payer une société de surveillance, les tentations de laisser sa propre signature sur le lieu étant grande. L'intérêt pour le lieu a aussi permis de modifier le tracé de la route pour éviter qu'elle ne coupe d'autres formes en 2 (ainsi le lézard a été amputé de sa queue par la panaméricaine).

Le climat de ce désert, peu de pluie et peu de vent, a permis la conservation relative de ces lignes. Pour la remercier de son apport à la nation péruvienne, le propriétaire d'un hôtel de Nazca lui a mis une chambre à disposition gratuitement pour les dernières années de sa vie. Elle meurt à 95 ans en 1998, atteinte d'un cancer, de Parkinson et aveugle, 4 années après que le site ait été reconnu Patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco.

Nous avons été passionnés par ces 2 heures d'explications qui se sont achevées par l'exploration à la lunette astronomique de Saturne et ses anneaux.

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