Huaraz - Majestueuse cordillère blanche
mai 302018Malgré notre arrivée matinale, nous sommes accueillis avec un super petit déjeuner et une vue à couper le souffle dans notre auberge de jeunesse. Huaraz a été entièrement détruite par un séisme en 1970 et a donc été entièrement reconstruite, ce n'est pas une belle ville mais elle a la particularité de se situer entre la cordillère noire et la cordillère blanche ce qui en fait un paradis de la randonnée.
Après une première journée de repos, d'acclimatation et de découverte de Huaraz, nous allons visiter les ruines de Wilcahuain et Ichic Wilcahuain sur les hauteurs de la ville. Ces ruines datent de la civilisation Wari (-100 avant JC à + 700) et se composent de quelques bâtisses très bien conservées.

Ce lieu reste un peu mystérieux car il y a peu d'explications mais l'un des bâtiments est en fait un mausolée (ou chullpa) composé de 19 tombes réparties sur 3 étages. Pour continuer l'acclimatation à l'altitude, nous montons un peu plus haut jusqu'à un point de vue qui nous offre une large vue dégagée sur la ville puis retour à pieds avant l'orage quotidien de 15-16h.
Notre 2ème randonnée d'acclimatation se fait direction la lagune Antacocha. La piste en lacets est cernée de champs dans lesquels des familles entières travaillent. Tous nous saluent à grand coup de «holà gringos» et semblent heureux de nous voir là. Par contre nous éprouvons pour la première fois l'agressivité des chiens auxquels on ne peut échapper qu'en les menaçant, cailloux en main. Les chiens sont un vrai problème dans presque tous les pays d'Amérique du Sud, ils sont errants et se déplacent en meute. Beaucoup de gens, même locaux, se font mordre. Certains pays ont démarré une campagne de stérilisation et de «sauvetage» des chiens de rue mais ils semblent faire la loi dans beaucoup d'endroits... Une fois arrivée à la lagune, un magnifique panorama sur la cordillère blanche s'offre à nous et nous sommes seuls pour en profiter.


Pour redescendre nous prenons un autre chemin pour lequel un jeune berger nous averti de faire attention aux chiens mais les habitants ont pris le dessus et nous permettent de passer sans encombres, au moins jusqu'aux suivants. Au final tout se passe bien même si une certaine crainte est maintenant ancrée.
Comme nous avons 3 semaines d'attente avant de retourner à Lima pour récupérer le passeport d'Olivier et que nous nous sentons bien ici, nous passons plusieurs journées à nous reposer, échanger avec les autres voyageurs, lire... Mais de nombreuses balades nous attendent encore ! Pour la suivante, nous choisissons la lagune Ahuac à 4580m d'altitude. Cette fois c'est la neige qui nous accueille là haut, nous aurions préféré faire les lézards sur les roches qui l'entourent ! Le froid est saisissant et nous oblige à prendre le chemin du retour rapidement.

Nous partons ensuite 3 jours avec 5 français (Mélissa enceinte de 5 mois, Maxime, Zoé, Victor et Eglantine) et une espagnole (Marta) pour la lagune Paron. Nous arrivons en début d'après midi dans cet incroyable environnement : lagune azure, pierrier mirador à sa droite et sommets enneigés en arrière plan ; un enchantement ! Nous passons l'après midi en haut du mirador à profiter des derniers rayons de soleil et à récolter du bois pour la flambée nocturne. Après une courte soirée au coin du feu, nous allons nous réfugier sous nos 5 couvertures car une grosse journée nous attend le lendemain.

Après avoir longé la lagune et traversé le ruisseau à plusieurs reprises, nous commençons à gravir les 800 mètres de dénivelé sous un magnifique soleil, l'objectif est d'atteindre le pied du mont Artesonraju, à presque 5000 mètres d'altitude. Ce dernier aurait servi de modèle au logo Paramount (mais on y croit pas trop). Une fois en haut, la beauté du lieu nous remplit d'émotions, difficile d'exprimer ce que nous voyons et ressentons.


Heureusement le soleil est toujours avec nous et personne n'a le mal d'altitude, nous pouvons donc pique niquer dans ce somptueux cadre. Nous repartons ensuite pour les 9 km en sens inverse et arrivons au refuge bien fatigués mais Maxime nous réconforte avec des crêpes au dulce de leche. Un délice !
Le lendemain nous descendons vers le village à travers une végétation luxuriante sur une piste cernée de falaises.
Pour notre dernière randonnée, nous choisissons de partir pour la Laguna 69 (la 69ème dans le recensement) avec Mélissa, Maxime et Marta, les autres ayant repris leur route vers le nord et le sud. Le voyage en bus est cahotique. Malgré l'heure matinale, le chauffeur est plus qu'en forme et roule à vive allure alors que Maxime lui demande de ralentir plus d'une fois et qu'un quart des passagers rend son petit déjeuner dans un sachet ... sans effet sur la conduite. On se rendra compte par la suite que c'est monnaie courante et qu'une réserve de sachets est à disposition. Nous nous remettons de nos émotions, puis trouvons le taxi qui accepte de nous emmener et de nous attendre. Nous avons choisi de faire cette randonnée par nous même pour pouvoir faire une boucle et ne pas être pris dans le flot des bus d'agences. Cette randonnée s'avère exigeante : un important dénivelé, un énorme pierrier et une dernière montée qui casse le peu de souffle qui nous reste pour flirter à nouveau avec les 5000 mètres.

Mais l'effort est récompensé, nous pique niquons face à 8 glaciers puis arrivons à la lagune par le haut. La vue est extraordinaire !

Séance photos, repos et ricochets réalisés, nous finissons notre boucle avec 1h30 de retard, à la tombée de la nuit. Heureusement notre chauffeur a tenu parole malgré les sollicitations d'autres marcheurs et nous a attendu.
Durant ces quelques jours nous sommes également allés voir les ruines de Chavin. Notre guide n'était malheureusement pas des plus sérieux et le musée qui avait l'air très intéressant a du être visité en un temps limité, voilà pourquoi les sorties en groupe ne nous attirent pas ! La civilisation Chavin aurait existé entre 1500 et 300 avant JC, le site a été découvert en 1919 et a été enseveli par une coulée de boue en 1945. De nombreuses galeries souterraines équipées de sources de lumière et d'un système d'aération et ventilation sont présentes sur le site. Elles étaient certainement destinées à la méditation des prêtres, des offrandes y ayant été retrouvées. Sur chaque façade du temple étaient enclavées 28 têtes destinées à garder le temple, seule une y figure encore, les autres ayant été arrachées par la coulée de boue, elle sont présentés dans le musée.

La petite anecdote de l'une des stèle du lieu est que Raimondi, explorateur italo-péruvien, mange à la table d'un paysan du coin en 1850. Cette table lui semble imposante et de belle qualité, il l'observe alors de plus près et s'aperçoit qu'il s'agit en fait d'une pièce de granit finement ciselée et gravée, et donc d'une stèle récupérée sur le site !
Notre programme à Huaraz s'achève après 10 jours entre repos, randos et rencontres. Un peu frustré de ne plus pouvoir prendre de belles photos, nous avons craqué et investi dans un nouvel appareil photos pendant notre séjour. 2 semaines ont passé depuis la demande de renouvellement du passeport, nous décidons donc de redescendre par étapes vers Lima.