La ronda de Sudamérica

- on va doucement mais on avance -

Cuenca - Le contraste équatorien

juin 282018

Notre arrivée à Cuenca nous choque presque tant le contraste est grand. Tout d'abord nous tentons de prendre un taxi à 4 pour nous rendre dans le centre, tous refusent alors qu'au Pérou les taxistes klaxonnent pour proposer la course dès qu'ils voient un piéton et nous prennent sans problème à 5 avec des gros sacs. Nous sommes samedi, il est 7h30 du matin, la ville dort, rien n'est ouvert, jusqu'alors on a plutôt eu l'impression que tout est ouvert tout le temps et que tout se trouve à toute heure. Ensuite la ville est très propre et semble organisée, on a l'impression d'être un dimanche matin dans une grande ville européenne. En fait on comprendra plus tard que Cuenca est un peu à part même si, de manière générale, l'Équateur nous semble plus développé et donc plus riche que les derniers pays traversés.

Malgré le peu de sommeil accumulé ces dernières 48h, nous profitons du centre ville et de la fête de la musique organisée par l'Alliance Française toute la journée et nous couchons tôt.
Le lendemain, direction le parc et les ruines de Pumapungo situés dans la ville. Le parc est très agréable et a un air de jardin botanique.

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Nous découvrons par exemple les «tomates arbre» qui poussent réellement sur des arbres et sont utilisées pour des jus. Sur ses hauteurs se dressent quelques ruines, oeuvre de l'empereur Inca Huayna Capac (qui a étendu l'empire jusqu'en Colombie durant son règne 1493-1527, ses fils se battent ensuite pour le pouvoir jusqu'à l'arrivée des colons qui les écrasent). Bizarrement un collège jésuite a été construit sur le site et a fonctionné jusqu'en 1980, date à laquelle la Banque Centrale d'Équateur a racheté le site pour en faire un musée. Nous visitons ensuite le musée, très intéressant, qui présente les différentes cultures et communautés du pays avec notamment une salle sur les Shuars qui vivent aux portes de l'Amazonie. Nous découvrons la tradition du tzantza pratiquée jusque dans les années soixante (y compris sur des touristes paraîtrait-il) : après un combat entre 2 guerriers, la tête du perdant était coupée, incisée à l'arrière pour retirer la chair et le crâne, les yeux et la bouche cousus puis mise à bouillir et à sécher... voilà la recette d'une tête réduite ! Des cailloux chauffés sont ensuite utilisés pour remplir la cavité et le trophée est ensuite porté comme un collier par le vainqueur. L'objectif de ce rituel était d'apaiser les esprits des ancêtres tués mais aussi de paralyser l'esprit de l'ennemi pour l'empêcher de se venger : sa force passait sur le guerrier victorieux. Nous observons quelques uns de ces modèles réduits avant de nous faire virer du musée, qui ferme avant l'heure annoncée.

Nous continuons à profiter de Cuenca en montant sur ses hauteurs, au mirador de Turi, après avoir goûté l'une des spécialités locales, le hornado, tellement gras mais tellement bon.

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Et nous finissons la journée dans une fabrique de Panama où nous découvrons la vérité sur ce chapeau : il n'a jamais été fabriqué au Panama mais toujours à Cuenca et alentours. Il était beaucoup porté par les ouvriers du canal de Panama et dans les campagnes brésiliennes et mexicaines. Son succès (et son nom) s'est affirmé lorsque Roosevelt et d'autres chefs d'états l'ont porté lors de leur visite du chantier. En réalité les chapeaux sont tressés par des artisans qui travaillent depuis chez eux dans les villages alentours. Les fibres utilisées viennent d'une sorte de palmier équatorien : une fois coupées, les tiges sont cuites et séchées au vent à l'abris du soleil, ce processus définit la qualité de la fibre. La tige est ensuite détaillée en fibres qui sont ensuite tressées. La bordure est finalisée pour éviter que le tressage ne s'ouvre puis le chapeau rejoint la fabrique où une 1ère forme lui est donnée à l'aide d'un marteau et d'un moule en bois. Il est ensuite blanchi ou coloré, selon la demande, puis sa forme finale, taille et bords plus ou moins relevés, est marquée à l'aide d'une presse chauffée.

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Visite très intéressante ! Sans être poussés à l'achat, nous pouvons apprécier les différentes qualités : le prix varie de 30 à 25 000 dollars ! Aujourd'hui il est vendu à des marques de luxe (Hermès en France) qui y apposent leur propre marque...

Pour finir notre séjour à Cuenca, nous retournons au musée pour la partie numismatique sur l'histoire de la monnaie. Jusqu'en 2000, la monnaie était le Sucre (un des libérateurs de l'Amérique latine) mais une importante crise économique (inflation, attaques spéculatives sur le sucre, ...) a alors touché le pays. Le gouvernement décide alors de «dollariser» l'économie en faisant du dollar la monnaie offcielle. Les Equatoriens ayant des économies les perdent totalement (des économies suffisantes pour l'achat d'une maison se sont transformés en quelques centaines de dollars par exemple).

Nous avons également passé quelques heures dans le parc national de Cajas à quelques kilomètres de la ville et 4000 mètres d'altitude.
Ce parc a la spécificité d'être constamment ou presque dans la brume avec un taux d'humidité plutôt élevé mais ces conditions font son charme et lui donnent un côté séduisant. Par ailleurs le relief et les parois rocheuses abruptes permettent à des petites forêts de se développer à l'abri du vent donnant naissance à des enchevêtrements de troncs.

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Le revers de cette ambiance est que les sentiers sont boueux et glissants, nous ne pouvons pas prendre de hauteur sur le parc en montant jusqu'au plus haut point mais la balade autour des lagunes et dans la forêts est un enchantement.

Après ces quelques jours à Cuenca, nous poursuivons notre route vers Latacunga.

 

Commentaires

MHA2018-08-13Dommage de ne pas ramener une montagne de Panamas de Cuenca, il y aurait des amateurs ici.....

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