La ronda de Sudamérica

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Chiloé - Un archipel à part

janv. 122018

Chiloé, petit archipel chilien, est composé de plusieurs îles facilement accessibles qui regorgent de traditions encore bien ancrées dans le quotidien. Chiloé dispose aussi d'un climat propice à une agriculture plutôt foisonnante : des centaines de variétés de pommes de terre de toutes tailles et couleurs, des gousses d'ail aussi grosses qu'un poing, des poissons et fruits de mer frais et séchés, ...

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L'une des particularités de l'île est ses maisons colorées sur pilotis ou "palefitos". Lorsque ses habitants décidaient qu'il fallait se déplacer pour cultiver ailleurs dans la ville, l'ensemble du voisinage se réunissait pour littéralement déplacer la maison à l'endroit choisi. Cette pratique s'appelle la Minga. De manière plus générale, la Minga, ou Minka en quechua, est la maniere dont les aborigènes appelaient le travail agricole collectif et solidaire pour le bénéfice de toute la tribu. L'effort physique que demandait le travail imposé à tous était ainsi compensé par la mobilisation de tous, l'organisation efficace et surtout par la fête qui venait clôturer le travail. Sur Chiloé, le déplacement d'une maison se terminait par un grand repas, le plus souvent un Curanto, on y reviendra plus tard.

Beaucoup de légendes et mythes font l'histoire de l'île. A noter que les franciscains auraient essayé de christianiser l'île mais sans succès car la seule chose dont les Chilotes ont peur est le climat : l'enfer ne les effrayaient donc pas. Parmi cette mythologie, nous avons pu faire la connaissance du Trauco dans les chansons traditionnelles de Cueca, ou en tombant nez à nez avec sa représentation. Le Trauco est une petite créature, avec des jambes sans pieds. Il est semblable à un nain ou gobelin et vit dans les forêts profondes de Chiloé. Selon le mythe, la femme du Trauco est la méchante et laide Fiura. Le Trauco a un magnétisme puissant qui attire les jeunes et les femmes d'âge moyen. La femme qui est choisie par le Trauco ne peut résister à l'attrait magique, et donc se soustraire à avoir des relations avec lui. Il paraît qu'encore aujourd'hui, le Trauco est parfois invoqué pour expliquer les grossesses non désirées ou subites, surtout chez les femmes non mariées.

La Pincoya, quant à elle, est un personnage féminin. Elle a de longs cheveux blonds et tout le monde en tombe amoureux au premier regard. Lorsqu'elle danse sur le rivage, sa nudité est cachée à la vue des habitants de l'archipel par ses seuls cheveux. Selon qu'elle danse tournée vers la mer ou non, on peut y lire la prévision d'une bonne année pour la récolte de coquillages.

Il en existe encore beaucoup d'autres qui restent bien présents à l'esprit des Chilotes.

Autre grande richesse de l'île, ses églises construites au XVII et XVIII èmes siècles par les jésuites, Européens, en collaboration avec les Indigènes : elles sont le résultat de la fusion des 2 cultures et de leurs techniques.

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Chiloé dispose donc d'un charme qui ne nous a pas laissé indifférent !

Nous avons commencé par nous arrêter à Castro, capitale de la grande île de Chiloé, d'où nous avons visité les bourgades de Quinchao, Achao et Curaco de Velez sur une petite île à côté de Castro. Lors de cette journée, nous avons pu découvrir les magnifiques églises en bois, une part de la gastronomie et de la musique locales - la Cueca. 

Greg a déjà séjourné à Chiloé et a séjourné chez Flor, Sergio, Rosa et Sergio. Nous passons les saluer, l'émotion est grande car en 2 jours, ils ont pu partager énormément de choses. Nous décidons de nous loger là pour quelques nuits afin de pouvoir partager un Curanto - plat à base de pommes de terre et de porc fumé autrement dit la choucroute de Chiloé ! Enfin pas tout à fait...

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Le Curanto traditionnel se fait dans un trou de terre mais nous l'avons fait dans une énorme casserole. On y met des fruits de mer (palourdes, moules géantes, petites moules) puis des travers de porc fumé et saucisses et enfin des milcaos (galettes a base de purée et de pommes de terre crues râpées) et chapalele (galettes à base de purée de pommes de terre fourrées au porc) et enfin des pommes de terre. Le tout est recouvert de feuilles de nalca, la rhubarbe de l'île mais qui ne se mange pas. Pour être honnêtes, ce plat n'a pas été une révélation culinaire mais nous avons pris beaucoup de plaisir à le préparer tous ensemble. Nous avons même déjà pensé à sa version française sans viande.

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Après ce repas gargantuesque, nous sommes prêts pour une randonnée de 2 jours avec matériel de camping. Nous partons donc pour Cucao sur la côte ouest de l'île où nous entamons notre journée de marche pour atteindre la paradisiaque et isolée plage de Cole Cole . Nous y passons la nuit après un repas au feu de bois pour repartir le lendemain en sens inverse dans un paysage bien différent car sans nuages. Sur le retour nous sommes accompagnés par les insupportables mouches de Chiloé (sorte d'énorme taon) qui nous encerclent par dizaine et nous font frôler la folie.

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De retour à Castro, Flor nous accueille avec un atelier empanadas, on en rêvait et on se régale ! Encore une fois, nous avons été accueilli comme des membres de la famille et nous n'oublierons pas ces moments riches en émotions et échanges culturels.

Le lendemain nous partons pour Ancud, au nord de l'île, jolie petite ville elle aussi où nous profiterons de la fête des pêcheurs en dégustant un submarino (vin blanc avec une boule de glace) sur fond de cumbia ranchera (le groupe Zumbale Primo pour être exact, mieux vaut ne pas comprendre les paroles).

Ce sera notre dernier jour sur l'île. Le lendemain, nous repartons pour Puerto Varas avec comme objectif d'approcher le volcan Osorno.

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